Entreprises de logistique en France : ID Logistics, Geodis, GXO, qui fait quoi ?

Derrière le mot « logistique » se cachent des métiers très différents. Une entreprise qui stocke des palettes n'a pas le même métier que celle qui pilote l'intégralité d'une chaîne d'approvisionnement pour un industriel. Ce panorama présente les principaux acteurs présents en France, leurs spécialisations sectorielles et les repères pour choisir le bon partenaire selon son activité, son volume et ses ambitions d'externalisation.
Qu'est-ce qu'une entreprise de logistique ?
Une entreprise de logistique prend en charge, pour le compte d'un client, tout ou partie des opérations qui permettent à une marchandise de circuler entre le fournisseur et le point de consommation. Cela recouvre le stockage, l'entreposage, la préparation de commandes, le transport, la distribution et parfois la gestion des retours, aussi appelée logistique inverse. On distingue ce métier de celui du transporteur classique, dont l'activité se limite au déplacement physique des marchandises, sans gestion des stocks ni de la préparation.

Le marché français de la prestation logistique représente plus de 60 milliards d'euros, un chiffre qui traduit l'ampleur de l'externalisation opérée par les industriels, les distributeurs et les acteurs de l'e-commerce. Confier sa logistique à un prestataire permet de transformer des coûts fixes (entrepôts, personnel, flotte) en coûts variables, tout en accédant à une expertise et à des outils que peu d'entreprises peuvent développer en interne.
Transport, entreposage et pilotage : trois métiers, un même écosystème
Un transporteur achemine une marchandise d'un point A à un point B. Un entreposeur la stocke et la sécurise. Un prestataire logistique complet combine ces deux fonctions et y ajoute la préparation de commandes, l'emballage, l'étiquetage et, pour les plus avancés, le pilotage de plusieurs maillons de la chaîne. Cette distinction est utile au moment de choisir un partenaire : un besoin ponctuel de transport ne justifie pas un contrat de logistique contractuelle complexe, alors qu'une activité e-commerce en forte croissance a tout intérêt à confier l'ensemble du parcours à un seul interlocuteur.
Les principales entreprises de logistique en France
Le secteur logistique français réunit des groupes internationaux et des acteurs nés en France mais aujourd'hui présents dans le monde entier. Voici les acteurs les plus significatifs du marché, avec leurs ordres de grandeur et leurs points forts.
| Entreprise | Repères clés | Points forts |
|---|---|---|
| ID Logistics | Plus de 400 sites dans le monde, environ 100 en France | Près de 30 % des sites automatisés totalement ou partiellement |
| Geodis | Présent dans plus de 60 pays | Couverture internationale et solutions multimodales |
| GXO Logistics | Plus de 90 entrepôts en France | Issu de la scission de XPO Logistics, forte présence e-commerce |
| STEF | Entreprise fondée en 1920, près de 100 plateformes en France | Référence de la logistique sous température dirigée |
| CEVA Logistics | Créée en 2007, présente dans plus de 170 pays, 110 000 collaborateurs | Rachetée par CMA CGM en 2019, a intégré Gefco en 2022 puis Bolloré Logistics en 2024 |
| Daher | Expertise historique en aéronautique | Logistique de pièces détachées et secteurs à forte exigence technique |
| FM Logistic | Présent dans 14 pays | Agroalimentaire représentant environ 40 % de son activité |
| Kuehne+Nagel | Fondée en 1890 | Réseau international ancien, transport maritime et aérien |
| Groupe CAT | Présent dans une trentaine de pays, plus de 200 sites | Environ 80 % de l'activité liée à la logistique automobile |
| Viapost | Filiale du Groupe La Poste | Forte présence sur le dernier kilomètre et la distribution urbaine |
Ce classement ne doit pas masquer la richesse de l'écosystème qui l'entoure : des 3PL généralistes de taille intermédiaire, des spécialistes de niches très techniques (pharma, chaîne du froid, aéronautique) et des acteurs du dernier kilomètre coexistent avec ces groupes, souvent en sous-traitance ou en complément sur des marchés régionaux.
Les niveaux de prestation : du 1PL au 5PL
Le degré d'implication d'un prestataire logistique se mesure à travers une échelle allant de 1PL à 5PL. Comprendre cette hiérarchie aide à formuler précisément son besoin avant de contacter un fournisseur.
1PL et 2PL : transport et entreposage de base
Le 1PL correspond à la prise en charge du transport de marchandises pour le compte du client, sans gestion additionnelle. Le 2PL y ajoute l'entreposage : le prestataire transporte et stocke, mais le client garde la main sur l'organisation globale de sa chaîne.
3PL : le niveau le plus répandu
Le 3PL couvre l'entreposage, la préparation de commandes, le transport et un accompagnement à la performance. C'est le niveau de prestation le plus courant pour les entreprises qui externalisent leur logistique sans pour autant déléguer le pilotage stratégique de leur supply chain. La majorité des acteurs cités plus haut opèrent principalement à ce niveau.
4PL et 5PL : le pilotage global de la supply chain
Le 4PL va plus loin : le prestataire orchestre l'ensemble de la chaîne, y compris lorsque plusieurs sous-traitants 3PL interviennent en parallèle. Il devient l'interlocuteur unique du client pour piloter la performance globale. Le 5PL ajoute à cela l'intégration de solutions automatisées et digitales avancées, comme le jumeau numérique, qui permet de simuler virtuellement les flux avant de les exécuter réellement.
Ces niveaux peuvent se lire comme les grains d'un sablier : en bas, le flux physique des marchandises qui s'écoule en continu, entrepôt après entrepôt, camion après camion ; en haut, le pilotage qui resserre ou desserre ce flux selon la demande, la saisonnalité ou les aléas de circulation. Plus on monte dans les niveaux de prestation, plus le prestataire agit sur ce flux avec de la donnée plutôt qu'avec de la main-d'œuvre, en anticipant le débit avant qu'il ne se bloque, là où un 1PL ou un 2PL se contente de le faire passer tel qu'il se présente.
Choisir une entreprise selon son secteur d'activité
Chaque secteur impose des contraintes opérationnelles spécifiques, qui orientent naturellement vers certains prestataires plutôt que d'autres.
E-commerce et grande distribution
Les activités e-commerce recherchent avant tout la rapidité de préparation, la flexibilité face aux pics saisonniers et un maillage géographique dense pour raccourcir les délais de livraison. GXO Logistics et ID Logistics, avec leur taux d'automatisation avancé, répondent particulièrement bien à ces besoins de volume et de cadence.
Automobile et industrie
La logistique automobile exige une synchronisation fine avec les cadences de production, souvent en flux tendu directement sur les sites industriels, ce qu'on appelle la logistique in situ. Le Groupe CAT, dont environ 80 % de l'activité est liée à ce secteur, illustre cette spécialisation poussée.
Agroalimentaire et pharmacie : la température dirigée
Ces secteurs imposent une chaîne du froid ininterrompue et une traçabilité stricte. STEF s'est construit historiquement sur cette expertise, tandis que FM Logistic tire une part significative de son activité de l'agroalimentaire. Le non-respect de la température dirigée n'est pas une simple non-conformité : elle peut rendre un produit impropre à la vente, ce qui explique le niveau d'exigence attendu de ces prestataires.
Aérien, maritime et pièces détachées
Pour des marchandises à forte valeur ajoutée ou à contraintes techniques, comme dans l'aéronautique, Daher et Kuehne+Nagel apportent une expertise sur le transport maritime, aérien et la logistique de pièces détachées, où la disponibilité immédiate d'un composant peut conditionner l'arrêt ou non d'une chaîne de production.
Les critères pour comparer deux prestataires logistiques
Au-delà de la notoriété d'un groupe, plusieurs critères concrets permettent d'objectiver un choix de prestataire.
Volume, saisonnalité et niveau d'automatisation
Une activité fortement saisonnière (soldes, fêtes de fin d'année) a besoin d'un prestataire capable d'absorber des pics sans dégrader ses délais. Le niveau d'automatisation d'un entrepôt, robotisation ou mécanisation, influe directement sur cette capacité d'absorption et sur la réduction du taux d'erreur de préparation.
Couverture géographique et modèle contractuel
Un prestataire présent dans plusieurs pays facilite les opérations internationales, mais un acteur régional peut parfois offrir plus de réactivité sur un marché local. Se pose aussi la question du modèle : une solution dédiée, avec des ressources exclusivement affectées au client, offre plus de contrôle, tandis qu'une solution mutualisée, où les ressources sont partagées entre plusieurs clients, réduit les coûts mais impose davantage de flexibilité de part et d'autre.
Engagement contractuel et niveau de service
Avant de signer, il est utile de clarifier les indicateurs de performance suivis (taux de service, délais de préparation), les modalités de sortie de contrat et le degré de digitalisation proposé, notamment la capacité à tracer les marchandises en temps réel. Ces éléments conditionnent la qualité de la relation sur la durée, bien plus qu'une simple comparaison de tarifs.
Les entreprises de logistique qui recrutent
La logistique reste un secteur pourvoyeur d'emplois, porté par la croissance de l'e-commerce et la multiplication des entrepôts automatisés. Les groupes internationaux comme CEVA Logistics mettent en avant leur présence mondiale et leurs opportunités d'évolution interne, du poste opérationnel en entrepôt jusqu'aux fonctions de pilotage de supply chain.
Les métiers couvrent un spectre large : préparateur de commandes, cariste, gestionnaire de stocks, responsable d'exploitation, chargé de transport, ou encore des fonctions plus techniques liées à l'automatisation et à la donnée, comme le paramétrage des systèmes de gestion d'entrepôt. Les groupes ayant investi massivement dans la robotisation, à l'image d'ID Logistics avec près de 30 % de ses sites automatisés, créent également de nouveaux profils orientés maintenance et supervision d'équipements automatisés, en plus des métiers plus traditionnels de la manutention.
Pour un candidat, la diversité des environnements est un atout : un même parcours professionnel peut passer d'un entrepôt e-commerce à forte cadence à une plateforme sous température dirigée, en passant par de la logistique industrielle in situ, ce qui permet de construire une expertise transversale recherchée par les recruteurs du secteur.